Extraits d’enseignements de Yoga

Extraits des enseignements de Yoga par Christian Coupé

Enseignements de YogaEXTRAITS D’ENSEIGNEMENTS DE YOGA
RETRAITE DE YOGA ET MEDITATION Avril 2018

Thème :  Yoga : Provoquer la force de paix et de joie

Le constat
La paix et la joie, est‐ce que ce sont des choses qui ne sont pas là, alors d’où viennent‐elles ?
Est‐ce que ce sont des choses qui sont là, pourquoi sont‐elles si rares ?
Si elles ne sont pas là, comment viennent‐elles ?
Et si elles sont là, mais que je ne les vois pas, comment puis‐je arriver à les retrouver ?
La paix et la joie ne sont pas des choses qui viennent de l’extérieur, elles sont toujours là, mais on n’a pas le temps. La réponse ne vient pas de l’extérieur.
Qu’est ce qui fait que nous n’avons pas le temps ? Les rythmes de la vie, les obligations, les habitudes que nous avons, tout cela est bien respectable bien entendu.
Alors qu’est-ce qui fait que, lorsque l’on a un petit temps, pendant lequel la paix et la joie peuvent être recontactées, qu’est ce qui fait que cela gêne : ce qui gêne, c’est moi.

Si je ne peux pas vivre la paix et la joie, il n’y a qu’une seule entité à l’origine de cette confusion, de cet écran : c’est moi.
Non ce n’est pas vrai que notre monde est violent : mais si ce que j’éprouve c’est de la violence, c’est comme cela que je verrai le monde.
Non ce n’est pas vrai que notre monde est triste : mais si je suis triste, c’est comme cela que je verrai notre monde.
Non ce n’est pas vrai que notre monde est laid : mais si c’est comme cela que je vis les choses, c’est comme cela que je verrai le monde.
Donc si je ne vois pas la paix et la joie, il y a une seule entité qui fait écran, moi. Il suffit que je propose à moi, une démarche spécifique pour que ce moi, qui a la possibilité d’aller dans plein de directions, qui s’est consacré à la famille, la profession, les amis, la vie en société, le bien d’autrui, qu’il puisse prendre aussi, le même moi, un peu de temps pour trouver certaines caractéristiques telles que sont la paix et la joie. C’est ce même moi, suivant ce que l’on fait, qui est triste ou joyeux, qui est violent ou paisible.

Nous allons essayer pendant quelques jours de favoriser les moyens pour les faire apparaître en éloignant les contraintes.

Provoquer la force.
Tant qu’on a le choix, nous voulons nous ressembler. C’est notre personnalité, c’est comme cela que nous nous sommes construits. Nous avons besoin de nous reconnaître dans les manières dont nous nous comportons. Si nous voulons avoir une claire compréhension de ce que nous sommes, il faut obligatoirement que nous nous provoquions un petit peu, sinon nos habitudes reviennent inlassablement, elles ont une force qui se manifestera tant que nous avons le choix. C’est ce qui fait que je ne me connaîtrai pas ou qu’en partie. Aller dans une intensité, une ascension, dans laquelle je ne peux plus m’échapper, aucune porte de sortie ni à gauche.
C’est cette dimension de provocation qui est extrêmement présente dans la tradition du Yoga, que l’Occident a un peu perdu de vue car nous avons besoin d’exercer des choix et c’est important pour nous. La vie spirituelle commence quand l’individu n’a plus aucun choix, quand il n’a plus qu’une seule route qui est « marcher avec ce qui est ». Cette marche est assez déroutante pour nous, ce qui nous amène à imaginer qu’on pourrait se tromper. Je préfère aller là où je peux faire demi‐tour car peut‐être j’irai vers une impasse, vers quelque chose qui ne nous convient pas. Cela nous laisse en proie au doute et au jugement continuellement.

Dans ces quelques jours, à chaque fois que je fais un geste, ce geste est‐il libre ou bien dicté par une habitude, une routine… Ce mot est‐il libre ou bien est‐ce que je réagis. Ce qui permet d’arriver à voir qu’au bout d’un certain temps, le mot, tous les mots, toutes les pensées, sont mantra, le mantra c’est la pensée et le mot agissant. Ce n’est pas cela le mantra. C’est l’arrêt de la distinction entre moi, “l’individu”, ça, “ce qui est”, et “ce qui nous relie” par l’intermédiaire de toutes ces interfaces psychiques et physiques. C’est la vibration efficiente.  L’occident comprend très mal le mantra, qui l’interprète comme une espèce d’enfermement, de répétition lancinante comme une sorte de lavage de cerveau.

Provoquer donc, sortir des ornières de l’habitude, sortir d’un cheminement où je mets, avant de faire le premier pas, est‐ce que ça me convient, ou ça ne me convient pas, est‐ce que c’est bon pour moi ou pas. Comment voulez‐vous marcher si avant de marcher vous vous posez toujours une question… marchez !
La voie spirituelle : tomber, tomber encore, se relever et tomber encore, se relever et encore tomber.
Cesser de mettre en avant le point de vue, l’idée, l’intellect, qui rend chacun de nos pas prévisible, lassant. La beauté de l’enfant, la pile à énergie a disparu. Je ne fais pas un pas sans me demander si ce que je fais est bon pour moi, si je vais dans la bonne direction, si c’est conforme à mes valeurs…
Avoir la vision : il faut que je fasse apparaître quelque chose de neuf. La pensée est toujours vieille, si vous voulez vivre quelque chose de neuf, il faut la laisser de côté. L’expérience est toujours vieille. Parce qu’elle est le prolongement direct et médiat de la pensée. Il n’y a jamais quelque chose de neuf quand il y a expérience. Essayez de disparaître à l’expérience ici. Ce n’est pas un lieu pour l’expérience ici, c’est un lieu pour l’impérience. Le rapport avec l’extérieur n’a pas vocation à exister ici. C’est la mise en avant de la fonction mentale dont le comportement est le jugement à tout.

La force, c’est j’ai pu voir cela : j’ai besoin de sortir d’un champ habituel. Mais il me faut des moyens énergétiques. Durant ces cinq jours, l’alimentation, c’est le rythme du sommeil, la connexion à la nature, c’est prendre du temps pour rentrer dans son propre rythme, et enfin ce sont nos pratiques, qui ont pour mission de développer un champ énergétique suffisant.

Quant à la paix et la joie, elles sont là, elles ont toujours été là, c’est nous, mais on ne le sait pas.

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Echanges :

Question : Avec la violence, je sais bien que c’est mon mental, mes pensées font que je peux voir la violence, mais pour moi elle existe.
R. : oui elle existe, dans ta tête
Q. : pas que !
R. : mais à partir du moment où elle existe dans ta tête, qui peut t’en sauver ? Et si tu ne fais pas le boulot pour toi, de te sauver de la violence ? Donc c’est très bien que tu aies un problème avec la violence. Mais elle ne peut pas rester comme une barrière qui nous sépare du monde dans lequel je vis. Si je le vois violent, je suis violent, et si je suis violent, d’où viendra le changement ? Le monde je le considère comme tel, moi le voyant comme tel, je ne vais pas changer car ça s’impose à moi, mais alors qu’est ce qui peut changer ? Si on a un vrai problème avec la violence, alors en effet une chance apparaît. Celle que, si je trouve une réponse pour moi, par petites touches autour de moi, c’est tout petit, c’est pas grand‐chose, mais ça compte beaucoup.

Q. Quelle attitude adopter face à toute cette violence qui nous entoure. On l’a voit, on la sait. Quand nos proches ou des personnes qu’on ne connait pas sont agressés. Comment faut‐il se positionner face à elle pour être dans une attitude juste.
R. La violence doit commencer par cesser pour moi.
Q. ça s’est acquis. Je le comprends.
R. Non ce n’est pas acquis. On ne peut pas le comprendre, il faut le faire. La seule attitude juste par rapport à la violence, c’est de ne pas la laisser envahir le seul être sur le quel au tout début, nous avons un espace de liberté, soi‐même. C’est une démarche qui nécessite sa propre authenticité. La violence implique la violence, puisqu’elle implique la réaction à la violence. Si la violence existe, le premier moyen dont dispose l’individu qui ne la supporte plus, c’est de l’éradiquer soi‐même. Après si on peut en témoigner auprès des proches, c’est super.
Mais on ne peut pas témoigner de quelque chose qu’on n’a pas trouvé.
On ne peut pas se lamenter sur l’existence d’un phénomène dont on conserve le côté tout extérieur, sans avoir fait la démarche alors qu’on a toutes les cartes en main. Comment veux‐tu que le monde cesse de l’être alors que tu n’as pas la capacité d’agir sur l’ensemble du monde, alors que pour toi‐même sur qui tu as la capacité d’agir, tu ne peux pas l’enlever.

Q. ça je comprends, mais la question était l’attitude à avoir face à tout ce qui arrive comme horreur.

R. Mais l’attitude est de la violence. Il n’y a pas d’horreur, ce sont des mots. Il arrive ce qui doit arriver dans l’ordre du monde, dharma. Le fait que je vois une horreur, peut soit m’amener à juger la méchanceté, la bêtise, la cruauté de l’autre qui reste l’autre, ou bien, cela peut m’amener à trouver une énergie suffisante pour traquer ces racines mêmes en moi. Non l’autre n’est pas différent de moi, si je le crois différent, c’est parce que cela m’arrange. Si j’arrête de m’arranger pour penser que l’autre est méchant et moi très gentil très bon, je vais arriver à me percevoir tel que je suis véritablement et je vais cesser de réagir.
L’attitude est toujours une réaction. C’est celle ou celui qui se sentirait juge et partie à la fois. Moi je vois le monde violent mais cela ne me concerne pas, c’est horrible etc. ! Mais bien sûr que si que cela me concerne !

Si le monde est ce qu’il est, c’est parce que tu es ce que tu es.
Change pour toi, ça le changera… Peut‐être pas dans cette vie !

Pour la pratique de Yoga, c’est ce même changement possible, on commence par soi si on veut que les choses changent, si on veut trouver des réponses, Il n’y a rien à admirer, à comparer, à rejeter, c’est tellement facile de faire ainsi… S’y mettre pour soi même et après voir ce que cela peut changer. Le fait que cela puisse changer même un trois fois rien pour soi, va compter, pour soi‐même, et autour de soi‐même.

EXTRAITS D’ENSEIGNEMENTS DE YOGA
RETRAITE DE YOGA ET MEDITATION Avril 2017

Thème de la retraite 2017 : L’expérience Yoga : au‐delà des peurs et des désirs

« Plaisir et souffrance sont inhérents à la vie. Mais le désir du plaisir a remplacé le plaisir, et la peur de la souffrance a remplacé la souffrance.  Nous sommes donc enfermés dans un monde exclusivement mental et émotionnel, ce qui nous laisse complètement en dehors des deux caractéristiques de l’existence puisque nous sommes incarnés : le plaisir et la souffrance. Nous ne pouvons pas vivre sans souffrance, cela va avec la vie incarnée. Un monde sans souffrance n’existe pas. La souffrance est un écart entre ce qui est et ce qu’on veut qui soit. A partir de cet écart, nous avons deux possibilités, l’une consistant à renier cette souffrance et à l’éviter, on attire les choses du côté de la peur, et l’autre d’accepter que cet écart cesse parce que la souffrance est là. Lorsque la souffrance se présente, elle est une capacité pour nous de changer les choses de les transformer. Notre corps se transforme tout le temps, et cela nous fait peur, nos énergies changent tout le temps, et cela nous fait peur, notre psychisme change tout le temps, et cela nous fait peur. Toute expérience de vie est transformation, et c’est cet enseignement continuel de la vie en tant que occasions multiples incessantes de transformations qui est magnifique. Les souffrances et Les plaisirs sont autant de moyens de nous permettre ces changements indispensables . »

« Nous sommes incarnés… Chacun d’entre nous a un corps, et c’est par lui que nous commençons. Il n’existe aucune pratique de Yoga, ni même spirituelle qu’elle qu’elle soit, qui puisse se produire sans la présence d’un corps. Aucune expérience de vie n’existe, qu’elle soit profonde, religieuse, mystique, quel que soit l’état, méditatif, paisible, agité, excité, terrorisé, quel que soit l’état dans lequel on se trouve, le corps est là. Il est tellement là que comme nous ne voyons plus notre nez au milieu de la figure, qu’on ne remarque plus notre corps, qui est là tout le temps. C’est le moment de renouer contact avec sa présence… L’ignorance du corps se fait par l’intellectualisme, ou par le sport, c’est la même ignorance, le même mépris. Il ne s’agit pas de faire faire des trucs au corps ou de nier son utiliser, mais de reconnaître avec simplicité, et avec conscience, sa présence. Il est là. La seule façon de rendre hommage à sa présence, en tant que support de toutes nos expériences, en tant que temple même,  c’est de rentrer dans la sensation… »

« Nous n’avons pas seulement un corps, nous sommes en vie, et ce témoignage de la vie le plus immédiat, le plus continu, est donné par notre souffle… Sans le souffle, rien n’est faisable, tout est étriqué, complètement réduit. Le souffle, ce sont les émotions. Ce sont les échanges que nous avons avec notre milieu, proche ou plus lointain. Si mon sens de l’odorat rentre en contact avec le parfum de l’encens, le souffle se modifie, il se modifie, c’est très proche. Mais si ma mémoire rentre en contact avec une épreuve du passé, alors mon souffle s’accélère. C’est non seulement lointain dans l’espace, mais aussi dans le temps quelquefois. Toutes les émotions quel qu’elles soient passent par le souffle. Connaître son souffle, c’est se connaître, complètement, il n’y a besoin de rien d’autre…
Il n’y a qu’une seule zone pour respirer dans un corps humain, c’est le ventre. Comme nous sommes bernés par la plupart des choses, nous sommes bernés par celle là aussi. Les poumons sont dans le thorax, alors nous on pense que c’est en bougeant le thorax qu’on respire, mais cela ne marche pas, c’est en bougeant le ventre qu’on respire. Si on amène 5 litres d’air dans les poumons par souffle en utilisant son ventre, ça change énormément de choses, et pourtant cela reste une toute petite partie de l’iceberg énergétique. L’autre partie fait rentrer à l’inspiration Prana, l’énergie vitale. Pendant tout un temps on lui prête un caractère mystique, qu’elle n’a absolument pas, mais comme nous ne voyons pas e dont il s’agit, on préfère cela. C’est la 2ème composante qui rentre en soi à chaque inspiration. Quand on expire, le gaz carbonique sort, c’est la composante mécanique, c’est le rôle de l’expiration et c’est très important. Si nous inspirons consciemment, Prana rentre, si nous expirons consciemment, les tensions sortent… »

« La 3ème composante que toutes les spiritualités partagent, c’est la présence d’un esprit. Pas seulement des pensées. Il y a une différence fondamentale entre la pensée et l’esprit. La pensée se balade dans les trois temps, passé, présent et futur, au gré des fantaisies qui nous animent, au gré de nos peurs et de nos désirs. L’esprit lui est forcément dans l’instant présent, il est juste émerveillé par toutes les sensations du corps, par toutes les émotions, énergies, que présente le souffle. »

« Que vos pensées durant ces cinq jours, autant que possible, soient tournées vers l’instant présent, ce que vous vivez exactement, rien d’autre. »

« Ce qui a été respiré, ressenti et pensé, se transforme en une présence qui n’est que vibration, on sent le corps vibrer. L’art du Yoga est quelque chose de très simple sur le papier. A travers l’acte, la présence du corps, du souffle, des pensées, mettre en vibration tout ce que nous sommes, de manière plus ou moins intense, plus ou moins exceptionnelle bien‐sûr, c’est tout, il n’y a rien d’autre à faire. Tout vibre dans l’univers, ce que nous sommes n’en fait pas exception. Mais nous sommes souvent très occupés, on ne vibre plus. »

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